La mort n’est pas le dernier mot

Il est étonnant de constater avec quel empressement et ingéniosité le monde actuel s’empresse de cacher la mort, qui est pourtant l’événement le plus commun et le plus universel, puisqu’elle touchera, un jour ou l’autre, chacun d’entre nous. On cache la mort, derrière les murs d’un hôpital, ou d’une maison de retraite, allant jusqu’à faire disparaître toute trace du corps en l’incinérant : l’essentiel, c’est que la mort ne trouble pas les vivants dans leur bonheur terrestre. Le monde a peur de la mort, il en parle avec honte, car elle est pour lui le plus cuisant des échecs. Aujourd’hui des sociétés américaines très sérieuses et très financées sont fondées dans un seul but : combattre la mort, qui est « l’ultime maladie », et qui donc est une anomalie. On rêve de l’homme qui ne meurt jamais, de l’homme éternel. Mais en vain.

L’Eglise catholique ne rêve pas de l’homme éternel : elle y croit. Elle sait que ce monde ci est une préparation pour le monde d’en haut qui ne finira pas : et que l’important est de bien préparer le moment du passage.

Ce mois de novembre a donc deux objectifs. Le premier, c’est de prier pour nos chers défunts, car ils ont besoin de ces prières. Une âme en état de grâce n’est pas pour autant une âme sans tâche : et, avant de rejoindre son Créateur, cette âme peut passer par le Purgatoire. Et nous avons le pouvoir, par nos prières et notre intercession, d’aider ces âmes dans ce travail de purification.

Le deuxième, c’est de bien nous rappeler, comme le disait Gustave Thibon, que la mort n’est pas le dernier mot : c’est l’avant dernier. Il y a une vie après la mort, faite de bonheur et de plénitude, mais c’est une vie qui se mérite dès aujourd’hui : alors, au travail, avec la grâce de Dieu !

Abbé Jean de Massia

Fraternité Saint-Pierre