Et les ténèbres ne l’ont pas saisi…

À l’heure de faire un bilan de cette année 2015, beaucoup s’accordent pour dire que ces 12 derniers mois se furent pas vraiment réjouissants… Et pas seulement en regardant les chiffres du chômage. Les attentats meurtriers de janvier et de novembre, la montée du terrorisme islamique partout dans le monde, la crise des migrants, et en parallèle une décadence morale qui s’accentue : je pense par exemple à la loi Léonetti-Cleys, sur l’euthanasie, votée en mars 2015. Non, l’année 2015, à simple vue humaine, fut une mauvaise année… Le monde résiste à Dieu. « Il est venu dans le monde et le monde ne l’a pas reçu ».

Certains, mes biens chers frères, se sont découragés pour moins que cela, baissant les bras : à quoi bon lutter ? Mais ce n’est pas le cas de Dieu. Et ce ne doit pas être notre cas. Dieu savait que cela allait prendre du temps. Dieu savait très bien que tout le monde ne marcherait pas à sa suite. Dieu s’attendait à de la résistance : celle de la chair, de l’orgueil et du monde. Et pourtant il s’est incarné tout de même. Parce que Dieu a un projet pour les hommes : faire d’eux ses enfants : « à tous ceux qui l’ont reçu il a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu ». Et pour cela il montré sa gloire.

Alors, mes biens chers frères, même si nous avons l’impression que notre monde recule, régresse, et s’enfonce de plus en plus dans les ténèbres, même si nous avons l’impression d’être nous-même dans l’obscurité, le doute et la peine, pourtant l’enfant Jésus est dans la crèche, comme depuis 2000 ans à chaque nuit de Noël : et cela est pour nous le plus grand signe d’espérance que nous puissions avoir. Il restera toujours des chrétiens pour déposer l’enfant Dieu dans sa crèche car il restera toujours des chrétiens pour penser que le monde a besoin de lumière, et que son unique lumière ne peut provenir que de Dieu. Aujourd’hui nos pensées vont vers les chrétiens d’Orient, les premiers chrétiens, ces descendants des bergers de la crèche, ces descendants des rois mages, évangélisés directement par Jésus et les premiers apôtres, et dont le chiffre diminue drastiquement à cause de la persécution. Eux aussi ont fêté Noël, et leur courage et leur martyre est pour nous un exemple, sinon un reproche, à nous qui sommes parfois des demi chrétiens cachés et médiocres, pasteurs en tête. Le Christ est une lumière, et nous avons le devoir de propager cette lumière dans le monde, car le monde a été fait par Lui, et il faut que le monde le connaisse. La lumière brille plus dans les ténèbres. Mon Dieu, en cette nouvelle année, apportez-nous l’espérance. Aidez-nous à mieux regarder, et à apercevoir, dans ces ténèbres, le Salut que vous apportez : cette lumière que vous avez allumée en la nuit de Noël, et qui ne cesse de grandir pour devenir un jour, un feu incandescent qui embrasera le monde.

Abbé Jean de Massia, FSSP