Editorial de Juin

La fin de l’année s’approche et avec elle les évènements paroissiaux comme les professions de Foi, confirmations, et premières communions. C’est toujours une grande joie pour un prêtre de donner pour la première fois Jésus à un enfant. C’est beau, une première communion : la pureté du cœur, l’innoncence, le désir de recevoir Jésus qui habite l’âme de ses enfants, sont pour nous une leçon.

Chers parents, chers familles, chers amis… il n’est jamais trop tard pour demander cette grâce de l’innocence. Jamais trop tard pour demander cette grâce du recueillement. Nous communions depuis longtemps. Depuis trop longtemps peut-être. La première communion de notre enfant, petit-enfant, frère ou sœur, ou connaissance tout simplement, peut-être pour nous l’occasion de faire un peu le point de nos âmes. Pour nous rendre compte que nous nous sommes peut-être un peu trop habitués à communier. Qu’en grandissant, nous sommes devenus moins attentifs aux merveilles de l’Hostie. Moins préparé pour nous avancer à la Sainte Table… moins recueilli dans nos actions de grâces… Peut-être.

Alors c’est le moment de demander aussi, pour nous, cette grâce. De demander à Dieu de faire un peu fondre nos cœurs d’adultes pour que nous retrouvions l’esprit d’enfance, qui est aussi esprit d’émerveillement et d’admiration, devant les mystères et devant l’amour de Dieu. « Si vous ne devenez pas comme ces petits enfants, vous n’entrerez pas dans le Royaume de Dieu ». Je crois que ce que Jésus a essayé de nous dire par là, c’est de retrouver, au fond de nous-même, parfois enfoui par bien des années de combat et de vie, de retrouver en nous ce rêve fondamental, ce désir premier qui touche l’âme au moment même ou l’âge de raison arrive, et qui ne doit jamais la quitter : le désir de devenir des saints. Pas simplement de surfer entre les péchés pour éviter d’en faire de trop gros, pas simplement de passer par la porte de service en entrant au Ciel de justesse, non : le désir d’être un vrai saint, une âme pure. C’est impossible me direz-vous ? Je sais. Mais n’est-ce pas le propre des rêves ? Alors rêvez, mes biens chers frères, rêver et désirez comme ces enfants : et Dieu qui est dans votre cœur entendra ce rêve, et par sa puissance et sa grâce, il en fera une réalité. Dieu qui sait rendre possible les choses impossibles vous sanctifiera et vous vivifiera par sa grâce et sa présence à chaque communion, pour que nous puissions un jour lever le voile des apparences du pain et du Vin et voir le Seigneur de nos âmes, âmes qui ont été créé pour Lui, âmes qui seront sans repos, tant qu’elles ne reposent en Lui.

Abbé Jean de Massia, FSSP