En ce début d’année, nous avons beaucoup de motifs pour rendre gloire à Dieu et le remercier : pour l’unité de notre communauté, pour la joie, les baptêmes, les mouvements de jeunesse, la Foi transmise, la Charité répandue… Mais lorsque nous regardons encore le chemin qu’il reste à parcourir pour parvenir au Ciel, il peut arriver au pèlerin que nous sommes de laisser poindre, parfois, un peu de lassitude et de découragement, surtout lorsque nous voyons que, malgré nos efforts, nous semblons retomber bien souvent dans les mêmes travers…

« Se sauver est impossible à l’homme, mais rien n’est impossible à Dieu ». En cette nouvelle année, mes biens chers frères, acceptons de croire en Dieu, c’est-à-dire, comme disait Gustave Thibon, de faire crédit à Dieu. Nous réfléchissons trop, nous rationnalisons trop les choses : nous sommes trop adultes. Nous voyons nos forces, nous analysons nos chances, nous considérons nos échecs : et nous oublions de mettre dans l’équation ce qui peut tout changer : le fait que Dieu nous aime, et qu’il veut nous aider. Acceptons de croire en l’amour de Dieu pour nous, en sa prévenance, en son attention. Dieu n’est pas insensible. Reprenez l’évangile : « Le Seigneur, l’ayant vu, fut touché de compassion ». Littéralement, en grec cela donne : Jésus fut pris aux entrailles. C’est la même expression que St Luc utilise pour décrire le cœur de Dieu devant la foule qui l’entourait, égarée comme des brebis sans bergers.

Alors, lorsque nous doutons de l’efficacité de nos prières, lorsque nous doutons de l’utilité de nos efforts, rappelons-nous que, si nous voulons devenir meilleurs, Dieu le veut encore plus que nous. Que son cœur est brisé et qu’il est pris aux entrailles de nous voir parfois à terre, sans vie, loin de sa grâce. Et que par-dessus tout il a la puissance de nous dire, comme au fils mort de la veuve de Naïm : « Relève-toi ! ». Croyons en Dieu, mes biens chers frères. Croyons en Dieu quand il vous dit qu’il peut nous changer. Et il le fera. Alors, mes biens chers frères, en ce début d’année, reprenons nos efforts. Relevons nos têtes, hauts les cœurs, plein de courage et d’espérance. Repensons à ce combat intérieur qui nous semble parfois perdu d’avance, repensons à cette âme pour laquelle nous avons prié et dont la conversion tarde trop, reprenons toutes ces intentions que nous avons peut-être mises de côté, à toutes ces résolutions que nous n’avons pas tenues, mû par ce grand souffle de l’espérance chrétienne qui nous fait dire que rien n’est impossible à Dieu. Et ce Dieu qui a relevé les morts, ce Dieu qui a guéri les infirmes, et qui s’est ressuscité lui-même trouvera bien la force, dans sa toute puissance, de vous modeler selon son cœur. Ce qui semble impossible aux hommes, est possible à Dieu. La seule condition, c’est d’y croire.

Abbé Jean de Massia, FSSP